Etienne Klein, Galilee et les Indiens

Posted on avril 4, 2009 par

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« Je ne veux pas qu’on liquide la science au motif d’un mauvais usage du monde« .

La science n’est pas la cause de notre mal etre social et de nos problemes ecologiques. Elle fut certes l’etendard d’oracles a la langue trop pendue dont les promesses de bonheur ne se sont jamais realisees et, desormais, les technologies qu’elle sert sont, de plus en plus souvent, en rapport avec des catastrophes « naturelles » ou sociales. Mais rappelons-nous qu’elle n’est qu’un outil et qu’un marteau, aussi puissant soit-il, ne decide ni de l’endroit ou frapper ni de comment marteler… !

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S’arreter sur nos relations a la science et sur la place de celle-ci dans notre societe amene l’auteur a considerer un changement d’ere. Selon lui, le Progres n’est plus. La croyance dans une marche inexorable vers le bonheur social pour tous n’est plus. A la fois l’esperence en un Progres social, une amelioration de l’etat du monde et les avancees scientifiques, auparavant intimement lies, se sont desarticules et desormais seule la science, ou plutot la technoscience, trace un chemin qui nous semble de moins en moins attratif.

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La « polyphonie de l’insignifiance » (p.102) orchestree par les medias et le regne de l’instantaneite, en economie comme en politique, forment un magma informel qui sabotent l’edification d’une pensee claire de notre monde, qui tue dans l’oeuf l’edification d’une nouvelle ideologie de l’Homme et de son Monde : l’intelligence, delicate, capipricieuse a du mal a percer la complexite et la realite changeante d’un environnement qui semble de plus en plus nous echapper.

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Car tel et le probleme selon Etienne Klein : penser le monde de facon intelligente et se servir de la science pour ce faire. Car il s’agit d’eviter le rejet en bloc sous pretexte qu’elle aurait fauter ou qu’elle serait fondamentalement anti-humaine. Et d’eviter de ne croire qu’en la science comme unique recours pd’un present en decomposition et d’un avenir en perte de sens.

Et Galilee dans tout ca me direz-vous? Et bien il est ici convoque pour expliquer en quoi la science est a la fois en partie responsable de notre sortie de la Nature, et en partie solution de nos problemes.

« La revolution galileenne ne se resume pas a la victoire de la science sur l’ignorance, l’illusion et le prejuge. Elle inaugure aussi la substitution par laquelle le monde mathematique, c’est-a-dire le monde des idealites, est pris pour etre le seul monde reel. […]  le geste de Galilee apparait a la fois decouvrant et recouvrant : decouvrant, parce qu’en postulant que tout evenement de la nature doit obeir a des lois exactes, il fraie la voie aux innombrables decouvertes des physiciens ; recouvrant, parce qu’il reduit notre monde, le monde dans lequel nous vivons et mourons, a un jeu d’equations qui l’eloigne de nous et nous le rend etranger. » (p.33-34)

Et de citer Husserl :

« Au bout du compte, « Galilee a taille un vetement d’idees dans l’infinite ouverte des experiences possibles, mais il s’est comporte en couturier despotique : il a decrete que le reel ne portait pas d’autre vetement que celui-la » ». (p.34)

…d’ou les Indiens pour qui le monde n’est evidemment pas separe en deux avec d’un cote la Nature et de l’autre l’Homme qui s’en sert au point d’en oublier son origine et sa… nature.

Etienne Klein, Galilee et les Indiens. Allons-nous liquider la science ?, Flammarion, Paris, [2008], 118 p.

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