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Archive de la catégorie «epistemology»

Stephen Hawking, Une breve histoire du temps. Du big bang aux trous noirs.

In books, compte rendu, epistemology, histoire, livre on juin 28, 2009 at 3:04

Vive Hawking ! vive la Science !

Stephen Hawking nous propose un petit ouvrage didactique sur l’histoire de l’univers qui,  en realite, s’avere etre tout autant une histoire de l’espace et du temps qu’une histoire des sciences physiques modernes.

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On peut lire ce ouvrage comme il se presente, c’est-a-dire comme un breviaire explique de notions fondamentales permettant de mieux apprehender le passe, le present et le future de l’univers. Et de chacun en fonction de ses connaissances, de suivre au mieux, ou tant bien que mal, l’auteur dans ses developpements (personnellement, j’avoue avoir peine sur la definition du principe d’incompletude et sur celle de la theorie des cordes). Cependant, on peut egalement prendre ce livre comme un merveilleux plaidoyer pour la recherche scientifique. Non par ses avancees et ses realisations mais pour l’aventure humaine qu’elle represente.

Hawking est a la fois histoirien et acteur des sciences physiques modernes par ses travaux sur les singularites (trous noirs, big bang) et sur la question des limites de l’univers. Ainsi,  a travers l’expose des theories scientifiques sur l’univers, c’est aussi sa vie de scientifique qu’il nous livre : celui qui s’interesse, celui qui cherche, celui qui admire les grands anciens, celui qui propose et qui discute avec sa communaute, celui qui travaille en collaboration, celui qui trouve et, enfin, celui qui doute et prend acte de ses erreurs.

Par son choix de presenter l’histoire de l’espace-temps par celle des theories qui la rendent intelligible, et par la personnalisation qui decoule de son propre role dans cette histoire, il evite ainsi l’ecueil du Savoir qui tombent de sa Tour d’Ivoire, ce savoir sec, sur de lui et sans defaut, et nous donnent, tout au contraire, a connaitre des connaissances humaines qui naissent, qui grandissent et qui meurent. Qui meurent pour laisser la place a des theories plus aptes a decrire les nouvelles decouvertes, des theories plus efficaces et vaillantes face aux interrogations toujours renouvellees.

stephen-Hawking-airborne2Hawking, raconte son travail de scientifique avec tant de franchise et de simplicite qu’il emporte la sympathie du lecteur. C’est avec bonheur qu’il nous fait oublier cette image “mediatique” du genie en chaise roulante et a la voix numerique  – dont  l’intelligence serait, comme apres un pacte avec Faust, diaboliquement proportionnelle a son handicap. Nous apparait alors a la fois un homme simple et un savant complexe, un formidable scientifique a l’esprit brillant mais lucide.

Etienne Klein, Galilee et les Indiens

In books, compte rendu, epistemology, livre, quote, review, épistémologie on avril 4, 2009 at 11:08

Je ne veux pas qu’on liquide la science au motif d’un mauvais usage du monde“.

La science n’est pas la cause de notre mal etre social et de nos problemes ecologiques. Elle fut certes l’etendard d’oracles a la langue trop pendue dont les promesses de bonheur ne se sont jamais realisees et, desormais, les technologies qu’elle sert sont, de plus en plus souvent, en rapport avec des catastrophes “naturelles” ou sociales. Mais rappelons-nous qu’elle n’est qu’un outil et qu’un marteau, aussi puissant soit-il, ne decide ni de l’endroit ou frapper ni de comment marteler… !

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S’arreter sur nos relations a la science et sur la place de celle-ci dans notre societe amene l’auteur a considerer un changement d’ere. Selon lui, le Progres n’est plus. La croyance dans une marche inexorable vers le bonheur social pour tous n’est plus. A la fois l’esperence en un Progres social, une amelioration de l’etat du monde et les avancees scientifiques, auparavant intimement lies, se sont desarticules et desormais seule la science, ou plutot la technoscience, trace un chemin qui nous semble de moins en moins attratif.

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La “polyphonie de l’insignifiance” (p.102) orchestree par les medias et le regne de l’instantaneite, en economie comme en politique, forment un magma informel qui sabotent l’edification d’une pensee claire de notre monde, qui tue dans l’oeuf l’edification d’une nouvelle ideologie de l’Homme et de son Monde : l’intelligence, delicate, capipricieuse a du mal a percer la complexite et la realite changeante d’un environnement qui semble de plus en plus nous echapper.

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Car tel et le probleme selon Etienne Klein : penser le monde de facon intelligente et se servir de la science pour ce faire. Car il s’agit d’eviter le rejet en bloc sous pretexte qu’elle aurait fauter ou qu’elle serait fondamentalement anti-humaine. Et d’eviter de ne croire qu’en la science comme unique recours pd’un present en decomposition et d’un avenir en perte de sens.

Et Galilee dans tout ca me direz-vous? Et bien il est ici convoque pour expliquer en quoi la science est a la fois en partie responsable de notre sortie de la Nature, et en partie solution de nos problemes.

La revolution galileenne ne se resume pas a la victoire de la science sur l’ignorance, l’illusion et le prejuge. Elle inaugure aussi la substitution par laquelle le monde mathematique, c’est-a-dire le monde des idealites, est pris pour etre le seul monde reel. [...]  le geste de Galilee apparait a la fois decouvrant et recouvrant : decouvrant, parce qu’en postulant que tout evenement de la nature doit obeir a des lois exactes, il fraie la voie aux innombrables decouvertes des physiciens ; recouvrant, parce qu’il reduit notre monde, le monde dans lequel nous vivons et mourons, a un jeu d’equations qui l’eloigne de nous et nous le rend etranger.” (p.33-34)

Et de citer Husserl :

Au bout du compte, “Galilee a taille un vetement d’idees dans l’infinite ouverte des experiences possibles, mais il s’est comporte en couturier despotique : il a decrete que le reel ne portait pas d’autre vetement que celui-la”". (p.34)

…d’ou les Indiens pour qui le monde n’est evidemment pas separe en deux avec d’un cote la Nature et de l’autre l’Homme qui s’en sert au point d’en oublier son origine et sa… nature.

Etienne Klein, Galilee et les Indiens. Allons-nous liquider la science ?, Flammarion, Paris, [2008], 118 p.