Des livres, des idees...

Archives pour octobre 2008

Les soucis de l’individualisme

In books, compte rendu, histoire, livre, review, épistémologie on octobre 27, 2008 at 11:11

Il est peut-être un peu moins important aujourd’hui qu’hier de lutter contre le stéréotype de “la montée de l’individualisme”.  Nous entendons effectivement un peu moins souvent les diatribes associant confusément tous les travers et problèmes de la société au rapport de l’individu à lui-même. Mais nous ne pouvons résister à poster ce passage du “Souci de Soi” de Michel Foucault déployant, avec la force d’analyse qu’on lui connaît, les possibles significations d’un concept souvent fourre-tout.

[...] individualisme veut tout dire : une attention attachée par un individu à sa personne, comme exemplifiant la condition humaine ? Une priorité ontologique ou encore une primauté éthique de l’individu sur la collectivité ou sur l’Etat ? Un non-conformisme, un dédain des normes communes ? Réaliser ses virtualités personnelles à titre de chef-d’oeuvre parmi les humains, serait-ce au prix de l’amoralisme ? La volonté de se réaliser plutôt que de rester à son rang ? Se sentir différent des autres et dédaigner les modèles sociaux ? Vouloir disposer d’une zone de libertés privées contre les pouvoirs (comme au XVIIIème siècle, selon Charles Taylor) ? Affirmer publiquement le choix que l’on fait de soi-même ? Avoir une relation personnelle, non médiatisée par les pouvoirs ou un groupe, avec l’absolu religieux (comme au temps de la Réforme, dit aussi Charles Taylor) ou éthique? Enrichir sa personnalité en multipliant les expériences et en les transformant en conscience ? (Le Souci de Soi, Gallimard, 1984, p.56)

P. Boniface, 50 idées reçues sur l’état du monde

In books, compte rendu, geopolitique, livre, review on octobre 13, 2008 at 8:57

Pascal Boniface est souvent clair et intéressant dans ses interventions publiques, je me suis donc dit que ce petit bouquin devait l’être tout autant.

Ce qui s’avère  être effectivement le cas; Pour chaque “idées reçues”, nous en avons une définition puis une “contre”-argumentation, de deux ou trois pages, démontrant l’invalidité de l’idée à partir d’un rappel de faits et d’une mise en exergue des défauts de logique et/ou des sous-entendus contenus dans l’affirmation erronée.

Une fois le livre terminé, une sensation étrange prend place. Me retrouvant quasi-systématiquement en accord avec chaque “contre”-argumentations et chaque position qui en découlent, et les faits présentés m’étant également connus, l’incorporation est ainsi instantané et laisse à penser que finalement cet ouvrage n’apporte rien de nouveau ; ce qui est en réalité à bien y regarder n’est qu’une impression dans la mesure où il s’avère être un petit bréviaire pédagogique de géopolitique contemporaine utile pour qui, soit ne connait que peu de chose en la matière, soit aimerait se remettre les idées en place sur tel ou tel sujet. Il faut donc juste ne pas lui demander plus que ce qu’il n’a l’attention d’apporter.